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Une création de Julia Chausson et Elsa Chausson

Ecriture/ Scénographie / Julia Chausson

Jeu / Elsa Chausson

Le conte est là pour questionner, il ne donne pas de réponse. L’étrangeté et le mystère, ça pose question.

Cette forme théâtrale explore la matière des contes de tradition orale dans la diversité de leurs variantes. Les albums et livres d’artistes de Julia Chausson contiennent déjà cette recherche sur la dimension mythique des contes. Des histoires universelles qui traversent les siècles pour venir jusqu’à nous, avec la même force. Le spectacle s’appuie sur d’anciennes versions orales collectées à la fin du XIXe, desquelles émergent en filigrane nos émotions latentes : le désir, l’excitation, l’effroi, la curiosité, la dévoration, l’intrusion… Alors que la version la plus connue du Petit Chaperon rouge propose une morale peu émancipatrice, des histoires d’avant celle de Charles Perrault ouvre un champs métaphysique bien plus intéressant.

En tant que femmes artistes, il nous tient à coeur d’aborder la question de la place des personnages féminins dans ce conte. Le petit Chaperon Rouge, qui n’est pas forcément une si petite fille, s’affranchit. Il s’agit de donner vie et caractère à cette jeune fille, à laquelle beaucoup filles et garçons d’aujourd’hui peuvent s’identifier.

Nous chercherons également du côté de la transmission entre ces trois générations : grand-mère, mère et fille. On voit souvent dans les traditions orales, le Petit Chaperon manger sa grand-mère et ainsi prendre ainsi sa place.

Cette création se développe autour de la matière papier, la trace du pinceau, l’empreinte de l’objet et l’encre.

De pliages en froissages, de métamorphoses en métaphores, le papier deviendra tour à tour éléments de costume, marionnettes, images ou sensations. Sous nos yeux il prend une forme identifiable, aussitôt se déforme, pour se transformer. La jupe plissée d’une mère rigide tourne en forêt d’encre. La manipulation du papier fait naître des personnages éphémères, qui sont autant de narrateurs.

Le geste pictural devient un langage sur le plateau, qu’il nous faut explorer. Cette approche donne à voir la création en train de se faire !

Le texte de la pièce mélange l’écriture contemporaine de Julia Chausson et la langue orale, entre tournures anciennes et patois régional.